17 janvier 2007

Novembre 2006

Voilà, Luna, je te livre mes pensées de ces derniers jours. Des pensées qui sentent la déception. Je suis déçue par moi-même. Je manque de courage et je ne me réveille jamais au bon moment pour accueillir une journée qui, si l'aube existe, pourrait être la bonne.
Tout ce courage dont je manque, donc, je le vois, je le vois, quand je suis assise là, à rêvasser alors qu'il y a du travail, tant de travail. Des livres à lire, des livres sur le bouddhisme, le communisme, et tous ces "ismes" que j'ignore. Et tout ce monde que j'ignore, ces gens, ces enfants qui ont des perceptions si diverses, qui connaissent des états si différents, là, je me sens enfermée dans mon monde de luxe et de paillettes, un monde où la surface des choses me donne la nausée, et malheureusement, je ne vois que ça.
Alors, je pense à la couleur orange des toges de ces gens au Tibet, qui méditent du matin au soir, et je me dis qu'il y a quelque chose que j'ai raté.
Il y a des jours où j'ai envie d'affirmer de manière radicale une forme de détachement à la matière (que je ne ressens pas entièrement, car j'aime mes vêtements, cette surface corrompue), alors je me dis que je pourrais vendre mes vêtements, m'habiller de vieilles choses noires, et puis, inévitablement, je couperais mes cheveux, et parfois, j'envisage de le faire vraiment, mais je ne suis pas sure que ça soit la meilleure idée, car, ma fascination pour l'aspect dramatique de la chose l'emporte sur mes convictions réelles, et je ne vois pas la nécessité de troubler mon monde si je ne suis convaincue de rien.
Tu vois, Luna, je me demande, parfois, si je suis méritable, et je me demande si je serais encore belle, vêtue de vieilles choses noires et sans mes cheveux, parce que la question se pose, et je me sens idiote de me préoccuper de ça.
Et puis, je pense que... non. Je dois me garder, garder mon passé, et ça ne sert à rien de renoncer à ses origines, à ce à quoi l'on tient. Alors, je me vois au lit, avec un bol d'épinard, à chercher le bonheur au fond de mon âme, comme l'a fait cette fille qui est restée dans son lit pendant 6 mois sans jamais rien trouver si ce n'est la folie.
Quelque chose doit changer, profondément, radicalement... Je dois me sentir utile, aidante, il faut que j'agisse, que je bouge. Que j'envoie mon sourire. Arrêter mes études, partir, voyager, aider, rencontrer, vivre. Je ne sais plus. Je suis là, dans l'obscurité, au fond de mon lit, et je me dis que je ne connais même pas l'amour, ce qui signifie, par conséquent, que je ne connais rien. Et j'y ai droit. Pourquoi je ne le mériterais pas ?
Et puis, Luna, et puis... On n'a rien d'autre que soi-même. C'est pour ça que je ne peux pas vraiment me séparer de mes cheveux, il faut que je n'oublie pas de me rappeler de ne pas m'en débarrasser, parce que sinon, je me perdrai, d'une certaine manière, ou peut-être pas, en fin de compte... Mais ça n'a pas tellement d'importance. On n'a que soi-même. C'est triste.
Mes amis viennent et partent, je les trouve tous si beaux, ils m'apportent beaucoup, en larmes, en joies, mais là, je suis seule, et je sais que je me retrouverai seule quand ils s'en iront, parce que, inévitablement, ils s'en iront. David s'en est allé, lundi, sans me dire au revoir, et je ne le reverrai peut-être plus jamais, parce qu'une porte s'est fermée sur le vide.

Posté par Lizzie V à 17:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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