27 février 2007

On the Bus

Tu es absolument affolée parce que tous les gens autour de toi sont moches. Tu es le genre de personnes qui parviennent à trouver le monde beau, en général. Mais là, non. Tout est moche. C'est affreux, cette perception. C'est triste.
La femme en face de toi ressemble à un poulpe. Elle est tellement flasque que ça t'étonne qu'elle ne retombe pas telle une grosse flaque sur le sol. Le gars assis à côté est freakishly rabougri. Tu te crois dans un film d'horreur, c'est oppressant.
Tu as envie de te donner une bonne grosse gifle et de ne poser ton attention que sur la douceur dans le visage de la femme poulpe.

...

Les gens sont beaux, tout à coup. Tu es belle. Tu te vois dans le reflet de la porte et il fait nuit. Il y a un canon à côté de toi. En sortant du bus, tu as envie de lui lancer une oeillade enflammée. Tu t'en fous, tu ne le reverras plus, et ça sera comme dans les films. Mais le gars en question ne te regarde pas de toutes façons, donc tu gardes toute ta dignité. Tu te dis que tu es une sale hypocrithe. Tu te dis que c'est vrai, la fille dans la porte du bus, ton reflet, avait des yeux pleins de passion. Et après, tu te racontes que tu es un être assexué. Give me a break. C'est assez étrange, en fait. Parce que tu t'imagines plutôt comme une vieille fille. C'est triste, en fait. Parce que tu auras perdu ta beauté, tes cheveux, ta jeunesse, et tu seras seule. ça sera comme si tu n'auras pas existé. Tu n'auras rien donné au monde. Pas de marque, pas de trace de toi. Tu ne deviendras pas une grande poète, ni une écrivain. En plus de sacrifier ta sexualité, tu te disparaîtras dans l'oubli. Autant en finir right away. Tu te dis.

Posté par Lizzie V à 20:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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