20 février 2007

To Venus (Single ticket, please. I am never coming back)

Voilà ce que ça donne quand je laisse courir ma conscience à deux heures du matin, en écoutant "To Venus and Back" de Tori Amos, après avoir lu l'introduction de mon livre sur Sylvia Plath, avoir fait quelques recherches sur Wikipedia "Story of O." et "Lilith", mentionnés dans le bouquin en question, et avoir pensé à mon bouquin "Owls do Cry" de Janet Frame (qui contient une scène capillesque des plus traumatisante. The woman from the underworl is oh so very near)

"THE TRUTH LIES IN BETWEEN THE FIRST AND FOURTIETH DRINK" (TORI AMOS - CONCERTINA).

P.S. : I do not drink so we will never know !

Elle s'est shootée à l'allumette & aux cheveux. Elle est en feu. Complètement. Et les flammes...

Des araignées apparaissent sur l'écran de l'ordinateur. Plus grandes les unes que les autres. Des araignées velues. Chevelues. Ces araignées lui ressemblent. Ces araignées sont elle. Elle se voit, là, arachnide qui se dédouble à l'infini, là sur l'écran. Elle veut pas les voir... Y a Lilith et Médusa qui s'entremêlent. Y a Lilith et Medusa qui se sont fait un nid, un lit, dans ses cheveux. Et elles s'entremêlent. Elle voudrait se les arracher de là.

Le plafond lui paraît trop blanc. Elle veut partir en enfer.  Elle prend un taxi. Le diable l'attend. Il est noir, le diable. Tout noir. "J'ai pas peur de mourir", elle cite. Elle a tapé "Story of O." sur wikipedia. Pouvait pas savoir que ça allait être une histoire aussi sadomasochiste. Elle a tapé "Owls do cry". Elle comprend pas Shakerspeare. Et le diable.

Sa tête est pleine. De feu. D'allumettes. De cheveux. De Lilith. De Médusas. De chouettes qui dorment pas. Et putain, la douleur est grande. Elle se demande si elle a mal parce qu'elle sait pas danser, parce qu'elle sait pas créer, parce qu'elle sait pas produire. Elle voit pas les fils, les liens, pourtant elle le sent, l'inconscient du monde est proche, très proche ce soir. Mais les mots sont insondables. Elle parvient juste à deviner leur forme, à se délecter de leurs sons harmonieux.  Jo-sé-phine. La femme dans le bus, celle qui sortait d'un pensionnat du siècle dernier, avait dit que le nom était beau. Les mots. Elle se délecte de l'esthétique. Mais la signification qu'ils transportent lui échappe.

"Saigne" le diable dit. "Saigne". Elle se voit, assise nue sur le plancher... Elle ondule sur elle même, comme un serpent. Eventrée. Et le sang...

Pourquoi. Pourquoi, pourquoi... pourquoi je comprends pas ? Pourquoi je sais pas lire, écrire, danser, aimer ? Pourquoi je sais pas être ? Pourquoi j'ai perdu mon âme ? Oh, pourquoi ? Pourquoi j'écris un tas de conneries sans queue ni tête ? Il faut mettre de l'ordre, de l'ordre, de l'ordre. Delordredelordredelordredelordrejeveuxdelordrejetensuplliesitoutsemelesentremeleilmefautdelordredanscesliens
cesfilssinonjecrevejecrevejecrevejecrevejecreve
Et Janet Frame elle a failli se faire lobotomiser et... PANIC ! SI JE METS PAS DE L ORDRE JE VAIS PERDRE MA TETE. J'AI TROP DE CHEVEUX DANS MA TETE. TROP DE CHEVEUX. TROP DE NOEUDS. JEEEEEEEEEEEEEEEEEEEESUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUS
SAVE MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE.

Posté par Lizzie V à 02:28 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur To Venus (Single ticket, please. I am never coming back)

    Comment dire ?...

    Je suis tombé sur ton blog hier par hasard... J'ai tout lu, et comme on dit "j'aime beaucoup ce que vous faites" ! Moon Palace m'a beaucoup plu à moi aussi. Bon allez je te bookmarque (quel joli verbe), alors à bientôt.

    Posté par Gaius, 20 février 2007 à 17:09 | | Répondre
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